Maastricht : 20 ans déjà par Claudy Lebreton
07 fév
Il y a vingt ans, jour pour jour, les représentants des douze pays de la Communauté économique européenne (la CEE), signaient le Traité sur l'Union européenne, dans la ville néerlandaise de Maastricht. Ce 7 février 1992 est un jour historique, qui fera date dans l'histoire de l'Europe : alors que depuis l'origine, la coopération entre nations européennes était essentiellement économique, le Traité de Maastricht donne à l'Union une véritable vocation politique.
Ainsi, le texte reconnaît la citoyenneté européenne à toute personne ayant la nationalité d'un Etat membre de l'Union, lui donnant notamment le droit de circuler et de résider librement dans les pays membres. Il met en place une coopération en matière de justice et d'affaires intérieures, et crée l'office européen de police (Europol).
Ce traité instaure également une politique étrangère et de sécurité commune, dont l'objectif, à terme, est de conduire à une défense commune. Vingt ans plus tard, force est de constater que les avancées sont bien timides, pour ne pas dire presque inexistantes dans ce domaine.
Mais la principale conséquence du Traité de Maastricht est bien entendu la création de la monnaie unique. Pour y parvenir, les dirigeants européens se mettent d'accord sur un certain nombre de critères économiques et financiers – les fameux "critères de Maastricht" –, qui prévoient de contenir le taux d'inflation, les déficits budgétaires et la dette publique de chaque Etat à l'intérieur de certaines limites.
L'euro voit ainsi officiellement le jour en 1999. Les citoyens, quant à eux, découvrent les nouveaux billets et les nouvelles pièces le 1er janvier 2002.
Depuis quelques mois, la monnaie unique européenne est soumise à de fortes turbulences, à tel point que certains ont prédit sa disparition à brève échéance. D’aucuns s’en réjouissent. Ce n'est pas mon cas.
Je considère en effet qu'un abandon de la monnaie unique européenne serait extrêmement préjudiciable sur le plan économique. Elle serait aussi, et surtout, un renoncement majeur dans l’histoire et la solidarité européenne, un échec pour ce grand et beau projet – tellement d’actualité – d'union des peuples européens, que nous tentons de mettre en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Pour ma part, je crois encore et toujours à ce beau projet, qui ne consiste pas à nier les nations, mais à aller au-delà, à rassembler les peuples dans un ensemble solidaire, dans une véritable union politique. Et si l'Europe rencontre des difficultés aujourd'hui, ce n'est pas à cause de la monnaie unique ou d'un excès d'intégration européenne. C'est au contraire parce que nous sommes en réalité désunis, ou, à tout le moins, insuffisamment unis.
Il nous faudra encore beaucoup d'efforts mutuels et de travail en commun pour faire cette Europe forte, unie et solidaire. Mais, comme Saint Augustin, je pense qu'"il vaut mieux vaut suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme".
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